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Des cauris !


Pourquoi trouve-t-on tant de ces petits coquillages sur les objets africains ?

Leur valeur, aux yeux des africains, vient de ce qu’ils servaient autrefois de monnaie ; pour appréhender cette valeur, on peut dire qu’à une époque indéfinie (probablement dans la première moitié du XIXème siècle), il fallait deux cauris pour acheter une femme !

On apprécie mieux ainsi la richesse (et donc la puissance de son propriétaire) de certains objets recouverts de ces coquillages…







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 Du portrait !

 Bien avant que la photographie n’apparaisse en Afrique, l’art du portrait sculpté fut une pratique significative. Dans les chefferies du Cameroun, le prince fait réaliser son portrait après son intronisation, comme jadis un aristocrate européen. Chez les Baoulés, certains masques sont considérés comme des effigies sculptées en l’honneur de femmes célèbres pour leur beauté. 

Beaucoup de villageois reconnaissent toutefois que ce ne sont pas de vrais portraits. Les artistes ne s’efforcent pas d’atteindre à une ressemblance absolue, à une identité physique : L’individualité de la représentation n’entraîne pas une représentation systématique de l’individu, et le masque répond moins à une volonté de similitude qu’à une transfiguration. Les Fangs interprètent au premier abord les statues de leurs reliquaires comme des « portraits », mais dès que l’on pousse les questions un peu plus loin, ils conviennent que les personnes réelles étaient différentes, qu’il s’agit uniquement de les évoquer, au sens fort du terme : Les faire apparaître par la voix, la statuaire. 

Aucun doute, les esthétiques africaines ne sont pas fondées sur l’imitation, la mimesis des grecs, mais sur la notion d’emblème, de hiérophanie. Plus simplement, selon un Baoulé : « Un sculpteur, mais ce n’est pas un photographe ! »

(Extrait de : Les Arts d’Afrique de Alain-Michel Boyer)






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De la magie !

 

 Comment rendre compte de l’intrusion de la magie dans l’art africain ? 

L’esthétique de l’intensité magique joue, mais inversement, un rôle similaire à celui de la séduction immédiate : La puissance d’apparition d’un objet réside dans l’impression d’inquiétante étrangeté qu’il dégage, dans son refus d’une beauté familière et, aux yeux des africains eux-mêmes, dans sa « sauvagerie ». La grande œuvre est alors celle qui recèle le plus de présence et qui se perçoit le plus intensément. Car lorsqu’il s’agit d’un objet qui renvoie à une puissance surnaturelle, importe avant tout la force qu’il évoque ou qu’il véhicule, en exerçant un magnétisme dont la fonction seule ne suffit pas à rendre compte. Comme si l’œuvre tendait, par une plastique vigoureuse, agissant directement et sans ménagement sur la sensibilité, à concentrer les menaces pour les abolir. C’est là une participation à une expérience esthétique et religieuse qui engage tout l’individu et qui éveille en lui le sens du mystère en le mettant en présence de forces énigmatiques, afin de mieux requérir la participation active d’un spectateur qui doit être aussi un acteur.

(Extrait de : Les Arts d’Afrique de Alain-Michel Boyer)